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Roadbook des quais

Feuille n° 4 · Chaleur

Courir quand il fait chaud : la feuille de route des jours brûlants

Sur les quais, la pierre blonde renvoie la chaleur et l'ombre manque. Les jours brûlants, on ne court pas moins bien par manque de volonté : on court moins bien parce que le corps dépense une partie de son énergie à se refroidir. Voici comment s'organiser.

Créneau
Avant 9 h ou après 20 h
Parcours
Parcs et sous-bois
Allure
Plus lente que d'habitude
Eau
Toujours sur soi

Ce qui change quand il fait chaud

Courir produit de la chaleur. Par temps frais, elle s'évacue facilement ; quand l'air est déjà chaud, et plus encore quand il est humide, le corps doit transpirer davantage et envoyer plus de sang vers la peau. Résultat : à la même allure, le cœur bat plus vite et l'effort paraît plus dur. Ce n'est pas de la mauvaise forme, c'est de la physique.

La conséquence pratique est simple : par forte chaleur, on oublie le chrono. On court à la sensation, plus lentement, et l'on accepte de raccourcir. Une sortie de quarante minutes peut devenir vingt-cinq minutes sans regret.

Regarder la carte avant les chaussures

Avant de partir, un coup d'œil à la carte de vigilance de Météo-France. Quand la Gironde passe en vigilance canicule, les messages de santé publique sont clairs : éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, boire régulièrement, chercher le frais. Pour un coureur, cela veut dire décaler la sortie ou la remplacer par une marche à l'aube.

Un orage annoncé en fin de journée mérite aussi qu'on y pense : sur les quais comme en forêt, on n'attend pas d'être sous l'averse pour rentrer.

Regardez aussi l'humidité, pas seulement le thermomètre. Une matinée à vingt-cinq degrés avec un air lourd, comme il en arrive au bord de la Garonne, peut se révéler plus pénible qu'un après-midi plus chaud mais sec. Le corps transpire, mais la sueur s'évapore mal et refroidit moins.

Choisir son heure

Le bon créneau, c'est tôt. Au lever du jour, la ville a eu toute la nuit pour respirer, les quais sont presque vides et la lumière est belle : la feuille consacrée à la sortie à l'aube sur les quais donne un parcours tout prêt. Le soir fonctionne aussi, mais plus tard qu'on ne le croit : les pavés et les façades restituent la chaleur accumulée bien après le coucher du soleil.

HeureOùCe qu'il faut savoir
6 h
Quais, rive gauche
Fraîcheur, peu de monde, lumière rasante
9 h
Parc bordelais
Encore de l'ombre sous les grands arbres
13 h
Nulle part
On reste chez soi, ou on marche à l'ombre
21 h
Jardin public ou rive droite
Le sol garde la chaleur ; partir léger

Les parcours à l'ombre

Sur la boucle des deux ponts, l'ombre est rare : la rive gauche est minérale, la rive droite plus verte mais exposée en fin d'après-midi. Les jours chauds, on lui préfère les parcs. Le Parc bordelais, avec ses 28 hectares d'allées sous les arbres, est le refuge classique : on y enchaîne les tours sans se perdre. Le Jardin public, plus petit, se prête aux séances courtes.

Grande allée ombragée par deux alignements de grands arbres
Sous les arbres, quelques degrés de moins au sol

Plus loin, la forêt de pins offre de l'ombre et un sol souple, mais aussi l'air immobile des sous-bois et, en période sèche, des restrictions d'accès liées au risque d'incendie : la feuille sur la forêt et les dunes en parle en détail. Les voies vertes, elles, alternent ombre et plein soleil selon les tronçons.

Boire, avant, pendant, après

Boire un verre d'eau avant de partir, emporter une petite gourde dès que la sortie dépasse une demi-heure, boire par petites gorgées sans attendre d'avoir soif : ce sont les repères habituels. Pas besoin de boissons compliquées pour une sortie courte ; l'eau suffit.

Repérez les fontaines sur votre trajet avant d'en avoir besoin. Dans les parcs, il y a souvent un point d'eau près des entrées ; sur les quais, les cafés ouvrent tôt. Une casquette légère que l'on mouille, un tee-shirt clair et respirant, de la crème solaire sur la nuque et les épaules complètent l'équipement.

Le miroir d'eau. Ses deux centimètres d'eau sur granit rafraîchissent les pieds en fin de sortie, mais la dalle mouillée est glissante : on y entre en marchant, jamais en courant.

Adapter la séance

Les jours chauds ne sont pas faits pour le fractionné ni pour les sorties longues. On garde le footing tranquille, on coupe en deux si besoin, on marche dans les montées. Une astuce : faire des boucles courtes autour d'un point fixe, où l'on a laissé de l'eau, plutôt qu'un grand aller-retour qui oblige à rentrer quoi qu'il arrive.

Le miroir d'eau devant la place de la Bourse, presque vide, sous un ciel clair
Le miroir d'eau, à traverser en marchant

Les premières chaleurs sont les plus difficiles : le corps s'habitue en une à deux semaines si l'on reprend doucement. Si vous préparez une course, ce n'est pas le moment de rattraper les séances manquées ; le plan de huit semaines supporte très bien une semaine allégée.

Savoir s'arrêter

Certains signes imposent d'arrêter tout de suite : maux de tête, nausées, vertiges, frissons alors qu'il fait chaud, confusion, crampes inhabituelles. On se met à l'ombre, on boit, on se rafraîchit, et l'on rentre en marchant ou accompagné. Le coup de chaleur est une urgence : si les signes ne passent pas ou si la personne semble désorientée, on appelle le 15 ou le 112.

Courir seul par forte chaleur n'est pas une bonne idée. Prévenez quelqu'un de votre parcours, gardez le téléphone sur vous, et souvenez-vous qu'une sortie annulée ne compte pas dans un plan d'entraînement : elle est simplement remplacée par une meilleure, le lendemain matin.

Repères d'entraînement généraux, pas une consultation : en cas de douleur, d'essoufflement inhabituel ou de reprise après une longue pause, parlez-en d'abord à votre médecin. En urgence, le 15 ou le 112.